Les cours m'accablent tellement que j'en fais un article sur mon blog...inutile article, mais bon, ça fait si longtemps que je ne parle plus de moi! Je suis fatiguée, étripée, écrasée, piétinée, je déteste l'école, je ne supporte plus cette sinistre impression d'éclore au beau milieu d'un printemps dont on ne sent le vent que 10 minutes par jour. Le cul sur la même chaise clonée mille fois dans des classes qui puent la craie et la friture grimpante de la cantine. Les yeux rivés toujours plus systématiquement sur ces feuilles à carreaux que je hais, les doigts qui ne savent plus faire autre chose qu'écrire des commentaires composés, des dissert', des analyses de "pourquoi cette virgule césurant le vers à l'émistiche?" à "pourquoi Rousseau est-il imbu de lui-même?" je parie même que mes caresses sur la peau de mon copain analysent discrètement ses courbes "Aligne une dissertation répondant à la problématique suivante : le corps est-il la représentation exacte de l'ego moral?" Lui-même me décommande trop de fois parce que "désolé, j'ai trop de taf..." Regardez mes yeux, ils ne pleurent même plus, ils vomissent. Ils dégueulent de l'intérieur et ne savent plus que se fermer pour fuir la terrassante frénésie du tableau noir qui crie les définitions du vieux français, dans ses pâles couleurs de craie blanche grinçante. Et je dors, je dors, je dors, étalée sur ma table de cours, les fesses aplaties par le poids du temps qui passe qu'on nous oblige à liquider bêtement durant toute notre jeunesse envolée. "Profite de ta jeunesse! Tu verras plus tard que tu as eu tort de cracher sur l'éducation !" L'éducation? La cultivation? Bêêêêêêê, Bêêêêêê ! Merde, que m'arrive-t-il? Mouton de Panurge...Panurge? Oh ce n'est rien, le compagnon de Pantagruel de Rabelais dans le chapitre XVIII...il l'a écrit à l'Hôtel Dieu de Lyon où il apprenait la médecine, rien de bien alarmant...12/20 est la note que j'obtiens le plus souvent en français, c'est le prix de mes longues et profondes analyses que ma prof a en horreur "Tu ne survoles pas assez, tu ne vois pas l'essentiel, ce texte est un récit !!" "Mais madame, j'ai tellement de fois écrit "récit" que je ne trouvais plus de synonymes pour éviter les répétitions!!" "Oui mais tu n'expliques pas pourquoi le plan répond à la définition de récit!" et merde tiens, je vais clore mon RECIT, mon texte, mon coup de gueule, mon oeuvre de 30 lignes rédigée en prose, toute vêtue de mots singlants du registre polémique par les trois mots consistant toute la philosophie du monde, c'est Montesquieu qui l'a dit, JE M'EN FOUS.
A bon entendeur, salut.